Jeudi 31 janvier
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Aux archives départementales on
trouve, les
jugements par requête dans la sous-série 3U
(U=justice, 3=tribunaux de première instance).
Si vous avez besoin de consulter un
divorce, un
conseil de famille, une
rectification de déclaration de naissance c'est par là que vous devrez
regarder, mais vous pourrez y trouver bien d'autres choses et notamment ce dont je vais vous parler maintenant : "
Les requêtes en déchéances de la puissance
paternelle"
Tout le monde se souvient surement de
l'affaire d'Outreau, dans laquelle, plusieurs enfants dénoncent les dérives de
leur parents à leur égard.
Nous allons voir à présent à partir d'un jugement du 19ème siècle que la dérive des parents, n'est malheureusement pas nouvelle.
Tout commence le 19 avril 1899, par une requête présentée aux juges de la 1ère chambre du tribunal civil de
Lille.
L'auteur des faits, Louise Tissiez née à Ham-en-Artois dans le Pas-de-Calais en
1857, doit
comparaître pour déchéance de la puissance paternelle.
Cette femme qui réside à Lomme (Nord) au moment des faits est veuve en première noce de Edouard Delannoy. De leur mariage sont nés trois enfants qui sont :
- Laure Delannoy, née en 1881
- Marie Delannoy, née en 1883
- Honoré Delannoy, né en 1885
On apprend également que, Louise Tissiez, a donné naissance en 1888 à un enfant, prénommé Edouard qu'elle n'a pas reconnu.
Les antécédents de l'accusée : Louise Tissiez, a subi entre le 22 septembre 1876 et le 19 avril 1899, sept condamnations pour vols, coups, destruction de clôture, mendicité,
emploi d'enfants à la mendicité, abandon d'enfant (ce dernier chef d'accusation souligné par les juges au moment du procès)
Les conséquences pour les enfants : Par l'inconduite habituelle, notoire et scandaleuse de l'accusée, Laure Delannoy, la fille
ainée a été condamnée en 1898 à 2 mois d'emprisonnement pour vols, cette même fille se livre aussi à la prostitution depuis l'âge de 15 ans.
La fille cadette, Marie Delannoy, à peine âgée de 14 ans s'est laissée surprendre accomplissant des actes obscènes sur la voie publique.
D'autre part, les juges spécifient que l'enfant qui n'a pas été reconnu par Louise Tissiez, sera confié à l'assistance publique (un mal pour un bien ?).
La condamnation : Louise Tissiez, veuve Delannoy, se trouve dans le cas d'être déchue des droits de la puissance paternelle et des droits qui s'y rattachent par application des
paragraphes 2 et 6 de l'article 2 de la loi du 24 juillet 1889. Aucun parent des mineurs ne paraît en état de gérer la tutelle et que par suite, il n'échet de convoquer un conseil de famille. Que la défendresse est indigente, qu'elle ne s'est pas présentée quoique régulièrement assignée.
Dit que la tutelle des trois enfants légitimes sera confiée à l'administration de l'assistance publique; qu'à raison de l'indigence de la défendresse, il ne peut être exigé d'elle aucune pension
alimentaire.
L'enfant non reconnu, conformément aux articles 5 et 6 du décret du 19 janvier 1811 sera considéré comme orphelin et abandonné et confié à l'assistance publique chargée par la loi de prendre soin
de lui.
Vos ancêtres ont peut être eux aussi marqués à leur manière l'histoire, soyez curieux, partez à la découverte des archives, ne vous contentez pas des registres paroissiaux et d'états
civils.
L'intégralité de ce jugement a été numérisé et est consultable dans la section "Actes en libre
accès" du site Numérik'Act.
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Par Eric FERRA
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Publié dans : Méthodologie et Technique
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